Le français à l’école, mon dégoût — le théâtre et la poésie vivantes, mon enthousiasme.

Reprise ici de deux carnets d’écriture inactuel publiés sur Facebook, suscités par la lecture de Paul Claudel, Un vers français, et par l’écriture en cours:

Le poème à l’école – L’ïambe du cœur
Si on m’avait tout simplement raconté en classe que l’ïambe — l’unité de base du vers, temps faible puis temps fort, ou encore syllabe brève suivie d’une longue — est né de la pulsation de la vie, le battement du cœur ainsi que l’écrit Paul Claudel, pa/pam, la systole puis la diastole, pa/pam pa/pam, ainsi que je l’entends dans la voix d’André Markowicz abordant Pouchkine et les poètes russes, mais c’est que j’aurais adoré les cours de français, je serais entré dans les poèmes au lieu de suer sur leur analyse. Le prof qui aurait dit ça en classe aurait emporté les élèves avec lui, ils seraient entrés dans les livres de français, dans les textes, dans les poèmes, dans les vers, ils auraient été soulevés par la poésie. Ils se seraient levés et l’auraient applaudi. Ils lui en seraient reconnaissants toute leur vie.

Le théâtre à l’école – La pulsation
À l’intention d’une langue française vivante, chaque fois que surgit un débat sur son évolution (l’écriture inclusive, dernier en date), Paul Claudel Sur le vers français critiquait sévèrement en 1925 la poésie française classique figée, « sans parler du code général de la grammaire et de la rhétorique, du savoir-vivre et du “goût”, plus vétilleux que l’ancienne étiquette espagnole… L’arrangement des mots entre eux devint un jeu purement cérébral comme l’algèbre ou les échecs. ».
Cet absolu, une langue figée, qu’on m’enseignait, me ramène à la torture infligée pendant les cours de français, sous-bassements de l’analyse de texte, dégoût de la littérature pendant au moins dix ans.
L’approche en 2019 dans le Petit Classique Larousse consacré au Phèdre de Racine, des sujets de rédaction qui en 2019 me paraissent tout aussi douloureux, je transpire pour les élèves:
POUR ABORDER LE COMMENTAIRE: L’AVEU DE PHÈDRE À HIPPOLYTE (acte II,scène 5, v. 623-672):
« Rédigez en trois paragraphes la première partie du commentaire de cet extrait qui répondrait à cette problématique: Montrez comment Phèdre passe d’un aveu voilé à une déclaration claire de sa passion pour Hippolyte. Appuyez-vous sur les questions qui précèdent pour élaborer votre commentaire. Vous vous référerez à des éléments précis du texte dont vous développerez l’analyse en relation avec ce que vous cherchez à montrer. Soignez les transitions entre vos sous-parties en montrant comment elles s’articulent entre elles. »
Heureusement… heureusement il y a eu ensuite les représentations théâtrales de Phèdre avec Catherine Samie et Éric Génovèse, et cette approche qu’il a proposé sur France Culture aux étudiants du bac, une alternative salvatrice. Et bientôt Électre/Oreste

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