Puissances de l’art ou La lance de Télèphe —  Bertrand Leclair (éditions MF, 2024): Le mouvement

Effet de miroir du livre de Bertrand Leclair, Puissances de l’art ou la Lance de Télèphe (éditions MF, 2024). D’abord le texte et sa disposition avec les notes procurent une ivresse de lecture.  Je me suis souvenu du Tramway de Claude Simon et aussi d’un livre de Giorgio Pressburger, Dans l’obscur royaume : les notes [...]

Nietzsche écrivant (II): Sils Maria, influence majeure

La première phrase du Crépuscule des idoles, dernier livre qu'il termine d'écrire à Sils Maria: "Conserver sa gaieté d'esprit au beau milieu d'une ténébreuse affaire, à la responsabilité écrasante, ce n'est pas un mince tour de force: et que pourrait-il pourtant y avoir de plus nécessaire que la gaieté d'esprit?" Dans la maison de Sils, [...]

Imre Kertész, La liberté d’être soi dans la société à laquelle on appartient

Une question qui interrompt ma lecture, qui s'infiltre dans l'écriture en cours, qui a un effet de miroir: "Je voudrais aborder une question qui, ici, au centre de l'Europe, n'est vraisemblablement pas une question. Il s'agit de la liberté d'être soi, c'est-à-dire la liberté d'être ce qu'on est dans la société à laquelle on appartient. [...]

Mémoire et imagination — Aharon Appelfeld (3)

La mémoire et l'imagination d'Aharon Appelfeld dans L'héritage nu (éditions de l'Olivier, traduction Michel Gribinski):  Sans la mémoire, pas de littérature. La mémoire, ce n’est pas seulement les faits, les choses vues, et le relevé de leur emboîtement, c’est aussi la chaleur d’une émotion.  L’imagination est un élément dynamique qui la fait bouger, lui donne [...]

Mémoire et sensations — Aharon Appelfeld (2)

À un moment où, au sujet d'un certain monde brûlant bien qu'ancien, je me heurte à l’impossibilité de stimuler la mémoire, d’extirper de l’oubli autre chose que des sensations vives qui envahissent mon corps et qui sont liées, je rencontre cette absence de mots d’Aharon Appelfeld. Il serait faux que je tente de constituer quelque [...]

Mémoire et enfance — Aharon Appelfeld (1)

L’écriture me conduit chaque fois vers des univers porteurs et stimulants. Ils s’ouvrent en temps voulu. À celui celui des poètes russes d’André Markowicz s’est ajouté celui d’Aharon Appelfeld à mesure qu’une certaine enfance s’imposait à moi, que je cherchais à éclairer.  Dans un entretien à l’occasion de la sortie du Garçon qui voulait dormir [...]

Tombeau pour Pierre Guyotat

Tombeau pour Pierre Guyotat

À l'occasion de la parution de la revue Lignes qui lui est consacrée, ces propos de Pierre Guyotat: "Quelqu'un qui analyserait mon cerveau à ce moment verrait l'effort considérable que je fais en écrivant [...] L'effort est plutôt dans la mise en état d'écrire. Là, il faut rassembler toutes ses forces, mais, après, cela va [...]

Écrire, lire, écrire

Une petite chronique pour une fois sur Facebook et le site à la fois, quand le langage est secoué par la lecture, j’en ai besoin avec ce que j’écris en ce moment, avec dans l’ordre chronologique  : Crevasse, Pierre Terzian (Quidam Editeur) : il vit entre le Québec et la France, comme moi apparemment, un [...]

Hélène Bessette (3), Marguerite Duras, Annie Ernaux, Nathalie Sarraute, Brigitte Giraud, Laurence Nobécourt et quelques autres stimulants stupéfiants

"— Enfer, damnation, cruauté, mensonge, fourberie, trahison, larmes, ruptures, assassinat, calomnie, perfidie, malheur et mort,dit le berger"La toute première phrase publiée d'Hélène Bessette (suite de mes chroniques à son sujet) : le punch, le flux, l'emportement (en 1953 dans Lili pleure). À l'occasion de la réédition de La tour (chez Othello) de la précieuse Hélène [...]

Dans ma sphère d’auteurs — Hélène Bessette (2)

Carnet d’écriture inactuelle (et de lecture actuelle, faisant suite à des mois d’engloutissement par l’écriture): Dans ma sphère d’auteurs, partie de ma chair (dont Marguerite Duras, Jean-Luc Lagarce, Annie Ernaux, Nathalie Sarraute… successions de noms qui se poursuivent hors du carnet, qui affluent), cherche à y entrer Hélène Bessette (suite). Dont j’ai longtemps différé la [...]