Lire La règle du jeu de Michel Leiris et écrire (II)

Notes de Journal prises en 2017 et 2018, en abordant la lecture de Michel Leiris, publiées ou non:

Avoir pour commencer essayé de prendre sa revanche sur une vie dont on n’était pas satisfait, en cherchant dans la conscience de cet échec un élément de réussite, une base pour réaliser dans un autre domaine quelque chose de moins insignifiant et que cela, puisqu’on n’y trouve qu’inconsistance au bout du compte, soit également manqué: J’aurais adhéré à cette phrase quand je n’entrevoyais pas d’issue.

Fourbis: Phrase emplie d’incise, d’anacoluthe, elle suscite l’intérêt pour un contenu autrement banal. Tout est dans la façon de raconter.

L’âge d’homme: Par la psychanalyse, j’entendais me libérer de cette crainte chimérique d’un châtiment, chimère renforcée par l’emprise imbécile de la morale chrétienne — dont on ne peut jamais se flatter d’être entièrement débarrassé —

Ma dîme comme payée et me dispensent le droit de jouir librement, ayant supprimé en acquittant ma dette la stupide hantise du péché originel. 

Je relis les textes sous-jacents à Ce côté et l’autre de l’océan, et qui n’avaient plus eu leur place, nés de et autour du désir suscité par le personnage Sonia. Ils auraient, relisant l’évolution des différentes couches, presque une place.

Bifur, puis biffures, de bifurcations et il est impossible de décider s’ils sont préférentiellement conjonctifs ou disjonctifs, si les lignes qui s’y croisent convergent ou divergent.

Denis Hollier, éditeur de Leiris en Pléiade: Le mythe du risque (pour être justifiée, l’écriture doit exposer à un risque celui qui s’y adonne) avait suppléé à celui de l’inspiration ; le risque était venu compenser l’absence d’inspiration. La question, pour Leiris et d’une certaine manière pour Sartre, se pose alors de savoir comment, à défaut d’inspiration, je pourrais continuer à écrire si je ne crois plus que, par l’écriture, je me mets en jeu, que l’écriture me fait courir un risque, m’engage à quoi que ce soit de réel ? Si je ne crois plus à la corne de taureau ?

Énième lecture imprévue de Malte, interrompant celle de Leiris. Comme si je ne saisissais qu’enfin l’enjeu de ce livre, l’intérieur du monde retranscrit, quelque chose comme ça après avoir terminé La minute bleue

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